
Citoyens, Citoyennes
Réflexions actuelles sur la Vie, Souffrances, Soins, Mort & citoyenneté
Il nous parait important de relayer ci-après et intégralement un tweet particulèrement pertinent & valeureux, comme toujours, de Pierre Barnérias sur la légalisation actuelle de l’Euthanasie :
» Quand est-ce qu’on va enfin comprendre qu’ils ne nous prennent que pour de sombres crétins ?
Ce qui est en train de se passer est sidérant.
Ce document pose une question vertigineuse : comment est-il possible que des institutions préparent déjà une célébration autour de l’adoption d’une loi sur l’euthanasie alors même que son parcours démocratique n’est pas terminé ?
Un dîner. Un cocktail.Une célébration déjà organisée autour d’un texte qui n’a pas encore achevé toutes les étapes du débat démocratique.
Pour ceux qui n’auraient pas encore bien assimilé le fait que certains députés semblent davantage représenter leurs propres convictions et leur propre nombril que la voix de ceux qui les ont élus, ce document pose une question dérangeante : comment célébrer l’aboutissement d’une loi avant même que le processus soit arrivé à son terme ?
La loi sur l’euthanasie semble déjà considérée comme acquise par certains, puisqu’un cocktail de célébration serait déjà en préparation. À nos frais, évidemment.
Pendant ce temps, la souffrance, elle, peut attendre.
Pendant que certains préparent des petits fours pour célébrer une loi qui n’a pas encore terminé son parcours, dans certains hôpitaux, il n’y a même pas de ventilateurs ni de climatisation pour permettre aux patients et aux soignants de supporter les périodes de forte chaleur.
La question est simple : est-ce que la décision est encore en train d’être discutée, ou est-ce que certains considèrent déjà que l’issue est écrite ?
Et surtout : ce cocktail sera payé par qui ? Je vous laisse deviner.
Pendant ce temps, partout en France, des soignants alertent sur le manque criant de moyens des soins palliatifs. Des familles se battent pour obtenir un accompagnement digne.
Des professionnels demandent simplement de pouvoir faire leur métier correctement, avec le temps et les moyens nécessaires pour accompagner la fin de vie avec humanité.
Voilà le paradoxe qui devrait tous nous interpeller : on trouve apparemment des moyens pour préparer la célébration d’une décision politique, mais on peine encore à donner les moyens indispensables à celles et ceux qui accompagnent la souffrance humaine au quotidien.
Ce n’est pas une histoire de petits fours ou de champagne. C’est une question de respect.
Respect pour les citoyens qui financent ces institutions.
Respect pour les malades.
Respect pour les familles.
Respect pour les soignants.
Et surtout, il devient inéluctable de se questionner : est-ce que le citoyen va continuer à aller aux urnes une fois tous les cinq ans pour ensuite abandonner son pouvoir de décision sur les grandes orientations qui touchent directement sa vie ?
Depuis 2005, Étienne Chouard répète une idée essentielle : une démocratie ne peut pas être pleinement démocratique si les citoyens ne peuvent jamais écrire eux-mêmes les règles fondamentales qui organisent leur propre vie. Car celui qui écrit les règles détient le véritable pouvoir.
Il est urgent de comprendre que notre rôle ne devrait pas se limiter à choisir ceux qui nous gouvernent. Il devrait être de reprendre notre capacité à décider et à écrire nous mêmes notre constitution afin qu’elle nous protège réellement.
La question est simple : combien de temps allons-nous encore accepter d’être les spectateurs d’une démocratie qui n’en a plus que le nom ? »